Aux origines de la Fédération Nationale du Commerce de Bétail, Porcs et Viande (FNCB)
Le commerce du bétail en Belgique : un secteur ancien et structurant
Depuis le XIXᵉ siècle, le commerce du bétail occupe une place essentielle dans l’économie agricole belge. De nombreux marchés aux bestiaux existaient alors à travers le pays, constituant des lieux d’échanges incontournables entre éleveurs, négociants, abatteurs et autorités publiques. Ces marchés assuraient l’approvisionnement du pays en viande tout en structurant durablement la vie économique des régions.
Avec l’évolution des infrastructures, des normes sanitaires et des modes de transport, la majorité de ces marchés ont progressivement disparu. Aujourd’hui, seuls quelques marchés organisés subsistent encore :
– Ciney, le vendredi matin,
– Rekkem, avec son marché au lard le mardi et le mercredi,
– Battice, le samedi matin.
Historiquement, le marché d’Anderlecht-Cureghem, à Bruxelles, s’est imposé comme le plus important du pays et a longtemps constitué le centre névralgique du commerce de bétail belge.

Anderlecht-Cureghem : berceau naturel de la représentation professionnelle
Bien avant la création de la FNCB, le site d’Anderlecht-Cureghem concentrait déjà les échanges, les décisions économiques et les relations professionnelles du secteur. Sa situation stratégique et son importance nationale en faisaient un lieu de convergence naturel pour les acteurs du commerce de bétail.
C’est dans cet environnement, profondément ancré dans la réalité du terrain, qu’a émergé la nécessité d’une représentation professionnelle forte, capable de défendre les intérêts du métier et d’accompagner ses évolutions.
1955 : la création de la FNCB
Dans le contexte de la reconstruction d’après-guerre, marqué par les pénuries alimentaires et la nécessité de sécuriser durablement l’approvisionnement du pays, le commerce de bétail ressent le besoin de se structurer à l’échelle nationale.
La Fédération Nationale du Commerce de Bétail, Porcs et Viande (FNCB) est créée en 1955. Elle s’inscrit dans la continuité historique du rôle joué depuis des décennies par le marché d’Anderlecht-Cureghem, qui existait bien avant la Fédération et constituait déjà le cœur du commerce de bétail belge. Le siège de la FNCB y est établi, symbolisant le lien direct entre la Fédération et le terrain.
Les missions de la FNCB sont clairement définies :
– défendre les intérêts des commerçants en bétail, porcs et viande,
– structurer et professionnaliser la filière,
– représenter le secteur auprès des autorités publiques,
– promouvoir un commerce équitable, transparent et conforme aux exigences sanitaires.
Jules Cocu, figure fondatrice et visionnaire
Parmi les personnalités qui ont marqué la naissance et le développement de la FNCB, Jules Cocu occupe une place centrale. Professionnel engagé et profondément attaché à son métier, il fut l’un des fondateurs de la Fédération et un artisan majeur de sa structuration.
Convaincu que la force du secteur réside dans l’unité et la coopération, Jules Cocu défend très tôt l’idée d’une représentation organisée, capable de porter la voix des commerçants au niveau national mais aussi au-delà des frontières. Sa vision dépasse rapidement le cadre belge et s’inscrit dans une dynamique européenne, fondée sur le dialogue, la transparence et le respect du travail des éleveurs.
Une ouverture européenne précoce
Cette vision se concrétise avec la participation de Jules Cocu à la création de l’Union Européenne du Commerce du Bétail et de la Viande (UECBV) en 1952. Par son engagement, il incarne le lien naturel entre la FNCB et la représentation européenne du secteur, contribuant à inscrire la Fédération belge dans une perspective internationale dès ses débuts.
Un héritage toujours vivant
Aujourd’hui encore, la FNCB poursuit l’œuvre initiée par ses fondateurs, et notamment par Jules Cocu : défendre la profession, accompagner ses mutations et préserver les valeurs fondamentales du commerce de bétail, de porcs et de viande.
L’histoire de la FNCB rappelle que les grandes institutions professionnelles naissent d’un profond ancrage dans le terrain, d’un engagement collectif et d’une vision à long terme, au service d’un métier essentiel à l’économie et à la société.
